Nous ressentons de la peur, toujours de la peur, de la peur
Signalé le 29 janvier 2024
Témoignage d'un homme d'origine punjabi qui vit à Calais depuis quelques mois et qui tente de traverser la Manche pour rendre visite à un membre de sa famille.
« Quand on va voir la police, elle ne nous aide pas. Dès qu’on va au supermarché pour acheter quelque chose, elle nous met en garde à vue. Pour 24 ou 48 heures, elle ne veut pas nous écouter. »
« La première fois que la police est venue dans le camp, c'était la peur. On s'est retrouvés en prison. C'était comme la peur d'un enfant face au feu, qui ne sait pas ce qu'est le feu. »
« La deuxième fois, c'était sans importance. Ils t'enfermeront en prison, mais peut-être qu'un jour on en sortira. La troisième et la quatrième fois, c'était sans importance, mais maintenant, c'est comme le savon qu'on doit mettre sur notre corps tous les jours. C'est devenu une routine quotidienne. »
« 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, on vit dans l'angoisse, on a peur que quelqu'un débarque et nous poignarde en pleine poitrine, on a peur de mourir un jour ici, alors qu'on dort dans la tente »
« Peut-être pensent-ils que nous allons poignarder quelqu’un. Franchement, est-ce qu’on poignarde quelqu’un ? C’est eux qui nous poignardent. Ils nous poignardent dans notre esprit. Pas dans la poitrine, ils nous poignardent dans notre esprit. Un jour, on finira par être tués. Notre esprit est en train d’être tué. Chaque jour, un nouveau problème, une nouvelle situation. »
« C'est pour cela que nous avons peur, toujours peur, peur. »
« Mes amis se rendaient là-bas [au réservoir d'eau] et ont été attaqués par cinq ou six personnes ; deux d'entre eux ont été pris à partie par six personnes. Il portait deux bidons, un pour mon ami et un pour lui. Il portait ces deux bidons quand six personnes se sont approchées. Il a dû lâcher les bidons et s'enfuir pour sauver sa vie, sinon ils l'auraient poignardé. »
« Récemment, quelqu’un a versé quelque chose dans l’eau. Peut-être pour nous tuer. Nous devons appeler le service des eaux de Calais [en référence au Calais Food Collective] pour leur demander de bien vouloir changer l’eau. C’était un Français que je ne connais pas. Il était blanc. Il a uriné dans le réservoir d’eau et y a versé quelque chose. »
Arrestation violente à Calais
Publié le 27 octobre 2024
« La police est venue dans notre camp aujourd’hui et a arrêté mon ami. Ils ont volé les tentes et tout ce qu’il y avait dedans. Mon ami ne leur a rien dit. Ils l’ont frappé, l’ont jeté à terre, lui ont attaché les mains et l’ont emmené. »
expulsion l'espace de vie Unicorn
Publié le 04/06/2021
Témoignages d'exilées soudanaises exilées à Calais
Un mineur de 14 ans a été gazé par la police lors de l’expulsion de vendredi. La police a dit « ici c’est la France, c’est pas un pays arabe ». Les polices l’ont forcé à sortir de sa tente, ils l’ont poussé. Il a été amené vers Marseille.
Les forces de l’ordre l’ont empêché de récupérer ses affaires personnelles. Il a vu une personne être poussé puis frappé par la police. D’autres personnes ont été gazé, frappé, puis ils l’ont lacéré et gazé sa tente alors que la personne se trouvait encore à l’intérieur. Il a été amené vers Marseille. Les forces de l’ordre ont saisi la tente, ils le l’ont pas laissé reprendre ses affaires alors qu’il a demandé à deux reprises de pouvoir récupérer ses affaires.
Une personne a voulu repérer ses médicaments mais la police l’a empêché. La police a dit « tu as deux minutes pour sortir ».
Une personne a été réveillé par la police avec un coup de pied sur tente, il a dit qu’il voulait rester ici. Les policiers l’ont frappé à coup de matraques, ils l’ont attrapé par le col de son tee-shirt et l’ont trainé jusqu’au bus de force.
Une autre personne a été palpé par la police, la police lui a pris 2 000€ dans ses poches. Ils le l’ont pas laissé reprendre ses affaires personnelles. Il a tout perdu à cause de l’expulsion. Il a été amené loin, vers Nice.
es personnes sont revenues à Calais deux, trois jours après. Ils ont pris le train, ils ont été contrôlé plusieurs fois. Ils ont dû prendre plusieurs trains.
personnes exilées vivant à Grande-Synthe
Publié le 02/06/2021
J’habite dans le lieu de vie informel situé dernière la ferme des jésuites à Grande-Synthe.
Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2021, je suis partie de mon lieu de vie avec treize autres personnes dans une voiture pour tenter d’aller en Angleterre. Nous avions prévu d’atteindre la plage pour tenter de traverser la manche. Nous sommes partis aux alentours de minuit. Après avoir roulé, notre voiture est tombée en panne. Quand cela est arrivé nous étions à cet endroit :
Une voiture blanche s’est arrêté, et j’ai vu 3 policiers sortir de la voiture. J’ai ouvert la portière et en sortant de la voiture un des officiers m’a frappé. Je n’ai pas eu le temps de lui parler. Il ne m’a rien dit. Il m’a de suite frappé avec son pistolet sur mon oreille droite. Je suis tombée par terre et mon oreille a commencé à saigner. Je me souviens qu’ils étaient trois policiers en uniforme bleu. Le policier qui m’a frappé était grand et de couleur de peau blanche.
Les policiers ont ensuite appelé du renfort. D’autres policiers sont arrivés, je ne me souviens pas exactement combien ils étaient. Les policiers nous ont dit de rester assis, sans bouger. Aucun policier n’a prévenu les urgences alors que j’étais très blessé. Nous sommes restés assis à cet endroit pendant 30/40 minutes environs. Les autres personnes qui étaient avec moi dans la voiture n’ont pas été blessé physiquement, je suis seul à avoir été frappé par le policier.
Les polices sont ensuite partis avec les autres personnes habitants du lieu de vie à Grande-Synthe et les ont ramené. Je suis resté avec mon ami. J’ai appelé l’association Utopia. Ils sont venus me chercher et ils m’ont amené au centre hospitalier de Dunkerque. Nous sommes arrivés aux urgences à 2h33. A l’hôpital, le personnel médical a nettoyé ma blessure, puis l’équipe d’Utopia m’a ramené à la jungle de Grande-Synthe. Je n’avais pas envie de rester dans l’hôpital car je ne me sentais pas à l’aise.
Je suis retourné à l’hôpital le lendemain, le 1er juin à 13h10. Un médecin m’a soigné.
Ce policier m’a frappé sans aucune raison, je voudrais que mes droits soient reconnus car ce qu’il m’a fait est vraiment inhumain.
personnes exilées vivant à Grande-Synthe
Publié le 13 novembre 2020
« Ce n'est pas correct, mais ils n'écoutent pas. Ils disent qu'ils ont ce document du tribunal, je ne sais pas ce qu'il signifie. Et ils coupent toutes les tentes et ils nous emmènent... et certains policiers disent des choses racistes, ils font de mauvaises choses avec nous. Pour l'instant ils nous envoient à l'hôtel, je n'aime pas l'hôtel. »
personnes exilées vivant à Calais
Publié le 11 novembre 2020
« Nous sommes dans une situation dangereuse. Mais nous ne sommes pas dangereux. »
personnes exilées vivant à Calais
Publié le 11 novembre 2020
« La police ne veut pas nous laisser dans la jungle. S’ils ne nous laissent pas rentrer dans la jungle où pouvons-nous aller? Nous sommes des réfugiés. La police ne respecte pas les réfugiés. Nous sommes des humains et non des animaux. Ils pensent que nous sommes des animaux car nous sommes des réfugiés. Nous respectons tout le monde car nos parents nous ont appris le respect. »
personnes exilées vivant à Calais
Publié le 11 novembre 2020
« Il y a une semaine mes amis et moi étions à côté de l’aire de jeux approximativement vers 8h du matin la police est venue chez nous nous a dit de partir et de ne jamais revenir. Pour cela nous avons des difficultés pour dormir, nous n’avons pas pu trouver un endroit tranquille et en sécurité pour dormir. »
(traduit de l'arabe)
Un Afghan vivant à Calais
Publié le 11 novembre 2020
« Je suis originaire d'Afghanistan et cela fait six mois que je vis dans la jungle à Calais. Le comportement des gens envers les réfugiés en France est positif et je leur suis reconnaissant, mais j'ai un problème avec la police. La police française a un comportement agressif. En hiver, il fait froid, mais ils continuent à harceler et à expulser les gens. Ce que nous attendons du gouvernement, c'est qu'il arrête la police pour que les gens puissent avoir la paix. »
Nous pensions qu'en venant ici, nous serions en sécurité
Publié le 11 novembre 2020
« Je suis tchadien. On m’a donné une autorisation de dire ce que je pense selon la situation ici, les gens comme nous.
Je suis un demandeur d’asile parce qu’il y a une situation qui a fait que j’ai dû quitter chez moi. On est arrivés ici en France, et on n’a pas eu le droit de vivre ici en France donc tout est compliqué; on dort dans la rue. On manque beaucoup de choses mais on n'a pas le choix.
On nous a envoyé le message pour nous dire qu' on doit quitter le territoire, sinon on nous renvoie chez nous. Si chez nous on n'avait pas de problèmes, on ne serait pas ici. Si on est venus ici - on a demandé de l'aide au gouvernement - c’est parce qu’on a vraiment besoin de l’aide. C’est pourquoi on est là. Donc si vous voulez nous renvoyer chez nous, c'est-à-dire que c’est vous qui voulez nous tuer. Ce n'est pas notre gouvernement, ni notre famille maintenant, parce qu’on a fui la mort.
On est arrivés ici... On pensait qu’en venant ici on serait en sécurité, mais c’est tout le contraire. Donc si y’a quelque chose, que vous pouvez nous aider - tout ce qu’on demande c’est l’aide. On est des humains aussi: on a besoin de la liberté et de vivre aussi comme les autres. »
