Signalé le 06 mai 2026

Témoignage recueilli auprès d’un homme résidant avec sa femme à Arras, tous deux en situation de demande d’asile. Il raconte avoir subi une agression à main armée dans le train Calais-Arras, perpétrée par trois agents de la sureté ferroviaire. Ce témoignage a été recueilli en espagnol par appel téléphonique.

« Ma femme et moi sommes demandeurs d’asile. Nous n’avons pas le droit de travailler et nous vivons dans une situation très précaire. Nous habitons à Arras, mais nos rendez-vous médicaux sont désormais organisés dans d’autres villes comme Lille, Calais ou Béthune. Nous devons donc nous déplacer régulièrement sans avoir les moyens de payer les billets de train.  

Le 4 mai 2026, nous devions nous rendre à un rendez-vous médical. À la gare d’Arras, nous avons expliqué notre situation à un contrôleur. Il nous a dit que ce serait gratuit pour nous. Pourtant, quelques minutes plus tard, ce même contrôleur nous a donné une amende de 115 euros. 

Nous sommes ensuite montés par erreur dans un train à destination de Calais. Une fois arrivés là-bas, nous avons essayé de reprendre un train pour rentrer à Arras. Une fois dans le train, trois agents que nous avons pris pour des policiers sont venus vers nous. Ils étaient très agressifs. J’ai essayé de leur expliquer la situation, mais ils ne voulaient rien entendre. 

L’un d’eux a sorti son arme et l’a pointée vers nos jambes. Ma femme a eu une crise de panique et s’est mise à pleurer. Nous nous sommes sentis menacés. Ils nous ont obligés à descendre du train et nous ont également empêchés de rester sur le quai. 

Nous avons aussi vu une autre passagère être traitée violemment. Un des agents l’a saisie fortement par le bras et l’a tirée. Elle s’est mise à pleurer. » 

À quelle heure et dans quel train les faits se sont-ils produits ? 

« Cela s’est passé entre 18 h et 19 h dans le train entre Calais et Arras. » 

Les agents portaient-ils des signes distinctifs ? 

« Oui, ils avaient les lettres SNCF marquées sur leur uniforme. » 

Pouvez-vous décrire l’arme ? 

« C’était un pistolet, comme un pistolet de policier classique. » 

La personne qui a également subi des violences était-elle une personne exilée ? 

« Non, c’était une Française. » 

Vous êtes au courant que notre association n’est pas en mesure d’engager une action en justice dans cette situation ? 

« Oui. Mon objectif est surtout de faire connaître cette situation. Les immigrés vivent beaucoup de discriminations ici et il faut que cela se sache. » 

Seriez-vous d’accord pour saisir le Défenseur des droits et pour que votre témoignage soit publié sur notre site ? 

« Oui. » 

(Témoignage partagé en espagnol, puis traduit en français par HRO)