Rapporté le : 02.06.2021

J’habite dans le lieu de vie informel situé dernière la ferme des jésuites à Grande-Synthe.

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2021, je suis partie de mon lieu de vie avec treize autres personnes dans une voiture pour tenter d’aller en Angleterre. Nous avions prévu d’atteindre la plage pour tenter de traverser la manche. Nous sommes partis aux alentours de minuit. Après avoir roulé, notre voiture est tombée en panne. Quand cela est arrivé nous étions à cet endroit :

Une voiture blanche s'est arrêtée, et j'ai vu 3 policiers en sortir. J'ai ouvert la porte et en sortant de la voiture, un des officiers m'a frappé. Je n'ai pas eu le temps de lui parler. Il ne m'a rien dit. Il m'a immédiatement frappé avec son pistolet à l'oreille droite. Je suis tombé par terre et mon oreille a commencé à saigner. Je me souviens qu'il y avait trois policiers en uniforme bleu. Le policier qui m'a frappé était grand et de couleur blanche.

La police a alors appelé des renforts. D'autres policiers sont arrivés, je ne me souviens plus exactement combien ils étaient. La police nous a dit de rester assis, sans bouger. Aucun policier n'a prévenu les urgences lorsque j'ai été gravement blessé. Nous sommes restés assis pendant environ 30 à 40 minutes. Les autres personnes qui étaient avec moi dans la voiture n'ont pas été blessées physiquement, je suis la seule à avoir été frappée par le policier.

La police est ensuite partie avec les autres habitants du lieu de vie de Grande-Synthe et les a ramenés. Je suis resté avec mon ami. J'ai appelé l'association Utopia. Ils sont venus me chercher et m'ont emmené au centre hospitalier de Dunkerque. Nous sommes arrivés aux urgences à 2h33 du matin. A l'hôpital, le personnel médical a nettoyé ma plaie, puis l'équipe d'Utopia m'a ramené dans la jungle de Grande-Synthe. Je ne voulais pas rester à l'hôpital car je ne me sentais pas à l'aise.

Je suis retourné à l’hôpital le lendemain, le 1er juin à 13h10. Un médecin m’a soigné.

Ce policier m’a frappé sans aucune raison, je voudrais que mes droits soient reconnus car ce qu’il m’a fait est vraiment inhumain.