Un obstacle majeur à l’accès aux centres d’accueil pour les personnes exilées
Depuis le déclenchement du Plan Grand Froid (PGF) dans le département du Nord, des associations dénoncent de nombreux cas d’intimidation, de violences et d’arrestations policières visant des personnes exilées aux abords du gymnase réquisitionné à Petite-Synthe, ainsi qu’aux arrêts de bus desservant ce lieu. Alors que l’arrivée au gymnase est assurée par des navettes dédiées, le retour vers le campement de Loon-Plage doit s’effectuer par leurs propres moyens, les exposant ainsi à des contrôles et interventions policières. Ces pratiques policières entravent gravement l’accès à l’hébergement d’urgence et dissuadent des personnes vulnérables de recourir à un dispositif pourtant destiné à les protéger face aux températures extrêmes.
Le samedi 24 décembre, le département du Nord (59) a déclenché le Plan Grand Froid et a réquisitionné un gymnase à Petite-Synthe pouvant accueillir 160 personnes.
Le 27 décembre, plusieurs personnes ont fait état de contrôles de police à un arrêt de bus situé près du gymnase. À leur sortie du centre d’hébergement, elles ont rapporté des des intimidations, notamment l’utilisation de gaz lacrymogène. Au moins une personne aurait été blessée à la main.
Le même jour, un groupe de 20 personnes a également signalé des contrôles arbitraires aux arrêts de bus situés à proximité des campements, alors qu’elles revenaient du PGF. Or, ces arrêts de bus constituent le seul point d’accès en transports en commun au dispositif depuis les campements. Le 7 janvier, dans un contexte de chute brutale des températures et de prolongation du PGF, les témoignages d’intimidation policière liés à l’accès au dispositif se sont poursuivis. Un homme nous a fait part de l’impossibilité de se rendre au gymnase par crainte d’être interpellé ou intimidé par la police. Quelques jours auparavant, cette même personne avait subi un contrôle d’identité suivi d’une arrestation aux abords du gymnase. Il s’est alors vu signifier une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) à sa sortie du commissariat.
Ce jour-là, les observations des membres d’associations présents sur le terrain, corroborées par les témoignages de personnes exilées, font état d’une forte présence policière et de contrôles d’identité aux arrêts de bus situés à proximité des campements. Les personnes revenant aux campements après la fermeture du dispositif PGF sont ainsi exposées à un risque accru d’intimidation policière, d’arrestation arbitraire et de détention.
La préfecture du Nord affirme pourtant que la mise en œuvre du plan grand froid vise à «apporter de l’aide à ces personnes en situation de précarité et d’isolement particulières» et garantit «la mobilisation de tous les services de l’État pour la prise en charge des personnes les plus vulnérables.»1 Il est inacceptable que les forces de l’ordre, service de l’État, constituent un obstacle majeur à la prise en charge des personnes exilées via le PGF.
Nous demandons la fin des contrôles de police et des intimidations policières visant les personnes exilées aux abords des bâtiments mobilisés pour le PGF, ainsi qu’aux abords des infrastructures de transport nécessaires pour y accéder. L’accès à un hébergement d’urgence doit rester la priorité de la préfecture, et non la criminalisation et l’intimidation des personnes exilées qui tentent d’accéder à ces hébergements.
Signataires
Observateurs des droits de l'homme
Aide aux réfugiés via mobile
L'Auberge des migrants
Project Play
Utopia 56 Grande-Synthe
Care4Calais
Roots
MRAP-Dunkerque
Salut
Programme Nord littoral de Médecins du Monde
Contact presse
Ulysse Gallardo, admin@humanrightsobservers.org / +33 7 49 76 76 11
